Le Pas-de-Calais possède un patrimoine bâti riche et varié, hérité de son histoire industrielle, minière et rurale. Des corons du bassin minier aux maisons de ville en brique des centres-villes d’Arras, de Boulogne-sur-Mer, de Saint-Omer et de Béthune, en passant par les corps de ferme de l’arrière-pays artésien et les maisons de pêcheurs du littoral, le département compte un nombre considérable de logements anciens, construits avant les années 1950. Ces habitations, qui font le charme architectural du 62, présentent aussi des caractéristiques structurelles qui les rendent particulièrement vulnérables aux intrusions de rongeurs. Rats et souris trouvent dans ces bâtiments des conditions idéales pour s’installer, se nourrir et se reproduire, souvent à l’insu des occupants pendant des semaines, voire des mois.
Les caractéristiques des maisons anciennes qui attirent les rongeurs
Les maisons anciennes du Pas-de-Calais ont été construites avec les matériaux et les techniques de leur époque, sans les normes d’étanchéité et d’isolation qui s’appliquent aux constructions modernes. Plusieurs de leurs caractéristiques structurelles constituent autant de portes ouvertes pour les rongeurs.
Les fondations en pierre ou en brique, assemblées au mortier de chaux, se dégradent avec le temps. Les joints s’effritent, créant des interstices par lesquels les souris se faufilent aisément. Une souris est capable de passer par un trou de 6 mm de diamètre, soit à peine l’épaisseur d’un crayon. Un rat surmulot, plus gros, peut se glisser par une ouverture de 25 mm. Les fondations fissurées d’une maison centenaire offrent des dizaines de points d’entrée potentiels sur tout le périmètre du bâtiment.
Les caves et les sous-sols, très courants dans les maisons du 62, sont souvent humides, peu éclairés et rarement visités. Ces espaces constituent des zones de nidification privilégiées pour les rats, qui y trouvent l’obscurité, la tranquillité et la proximité des canalisations d’eau dont ils ont besoin. Les caves des maisons mitoyennes, dans les centres-villes d’Arras, de Lens, de Béthune ou de Boulogne, communiquent parfois entre elles par des ouvertures non obturées, permettant aux rongeurs de circuler d’un logement à l’autre sans jamais s’exposer en surface.
Les combles et les greniers des maisons anciennes sont un autre point d’accès majeur. Les tuiles descellées, les rives de toiture mal jointes, les grilles de ventilation endommagées et les espaces entre les chevrons et la maçonnerie offrent des entrées directes pour les rats noirs, qui sont d’excellents grimpeurs, et pour les souris, capables d’escalader les murs en brique rugueuse sans difficulté. Une fois dans les combles, les rongeurs disposent d’un réseau de circulation idéal : ils se déplacent entre les solives, dans les doublages de cloisons et le long des gaines techniques pour accéder à l’ensemble du logement.
Les passages de canalisations constituent un dernier point faible récurrent. Dans les maisons anciennes, les tuyaux d’eau, de gaz et d’évacuation traversent les murs et les planchers par des ouvertures souvent largement surdimensionnées et jamais rebouchées. Ces passages offrent un accès direct entre l’extérieur, les caves et les pièces de vie. Les canalisations d’évacuation en grès ou en fonte, fréquentes dans les maisons du Pas-de-Calais construites avant les années 1960, se fissurent avec le temps et peuvent même s’effondrer localement, créant des brèches par lesquelles les rats remontent depuis les égouts jusque dans les habitations.
Les facteurs environnementaux propres au Pas-de-Calais
Au-delà des caractéristiques du bâti, l’environnement du Pas-de-Calais présente des facteurs qui aggravent la pression des rongeurs sur les habitations. Le département est traversé par de nombreux cours d’eau, canaux et watergangs, notamment dans la plaine flamande et le marais audomarois, qui constituent des corridors de déplacement naturels pour les rats surmulots. Les zones agricoles de l’arrière-pays, avec leurs silos à grains, leurs stockages de céréales et leurs bâtiments d’élevage, abritent d’importantes populations de rongeurs qui migrent vers les habitations voisines lorsque les ressources alimentaires diminuent après les moissons ou en hiver.
Le bassin minier, avec son réseau de galeries souterraines abandonnées, ses terrils et ses friches industrielles, offre aux rats un habitat souterrain étendu à partir duquel ils colonisent les habitations environnantes. Les corons et les cités minières, construits en alignements serrés avec des jardins mitoyens, facilitent la propagation d’une infestation d’une maison à l’autre.
Les centres-villes historiques d’Arras, de Boulogne-sur-Mer, de Saint-Omer, de Montreuil-sur-Mer et de Calais, avec leurs immeubles anciens, leurs réseaux d’égouts vieillissants et leurs rues pavées dont les interstices offrent des accès vers le sous-sol, sont des zones de forte pression parasitaire pour les rongeurs.
Enfin, le climat océanique du Pas-de-Calais, avec ses hivers humides et ses températures rarement très basses, permet aux populations de rongeurs de rester actives toute l’année, sans la mortalité hivernale que connaissent les régions au climat continental plus rigoureux. Les rongeurs cherchent néanmoins à se réfugier à l’intérieur des habitations chauffées dès l’automne, ce qui explique le pic d’intrusions constaté entre octobre et décembre dans le département.
Les signes d’une infestation dans une maison ancienne
Dans une maison ancienne, les rongeurs disposent de nombreuses cachettes qui leur permettent de rester invisibles pendant longtemps. Les occupants ne prennent souvent conscience de leur présence qu’à un stade avancé de l’infestation. Certains signes doivent cependant alerter.
Les bruits de grattement, de trottinement ou de grignotement dans les cloisons, les planchers et les plafonds, principalement la nuit, sont le premier signal. Les rongeurs sont des animaux nocturnes dont l’activité commence à la tombée de la nuit. Les excréments sont un autre indicateur fiable. Les crottes de souris sont de petits grains noirs de 3 à 6 mm, souvent regroupés le long des murs, derrière les meubles et sous l’évier. Les crottes de rat sont plus volumineuses, de 10 à 20 mm, en forme de fuseau, et on les retrouve dans les caves, le long des canalisations et dans les greniers.
Les traces de grignotage sur les câbles électriques, les tuyaux en plastique, les emballages alimentaires et même les boiseries sont un signe préoccupant. Les rongeurs ont besoin de ronger en permanence pour user leurs incisives qui poussent continuellement. Le grignotage de câbles électriques représente un risque réel d’incendie dans les maisons anciennes, dont les installations électriques sont souvent vétustes et dépourvues de protections différentielles modernes.
Les traces de passage le long des murs, sous forme de marques sombres et huileuses laissées par le pelage des rats, sont visibles sur les plinthes, les bas de murs et les seuils de porte dans les zones de circulation régulière. Une odeur âcre et persistante d’urine de rongeur, particulièrement perceptible dans les espaces confinés comme les caves, les placards sous escalier et les greniers, confirme une présence durable.
Le traitement professionnel adapté aux maisons anciennes
La dératisation d’une maison ancienne dans le Pas-de-Calais nécessite une approche spécifique qui tient compte de la complexité structurelle du bâtiment. Un technicien expérimenté commence par une inspection complète du logement, de la cave aux combles, pour identifier les espèces présentes, localiser les points d’entrée, les zones de nidification et les trajets empruntés par les rongeurs.
Le traitement curatif associe plusieurs méthodes complémentaires. Des postes d’appâtage sécurisés contenant des rodenticides sont disposés aux points stratégiques identifiés lors de l’inspection : caves, greniers, le long des murs extérieurs, à proximité des points d’entrée et dans les zones d’activité constatée. Des pièges mécaniques peuvent être utilisés en complément dans les zones sensibles, notamment les cuisines et les pièces de vie, pour capturer les individus les plus actifs et accélérer la réduction de la population.
Le volet le plus important du traitement dans une maison ancienne est la sécurisation des accès, ce que les professionnels appellent le proofing. Cette étape consiste à obturer méthodiquement tous les points d’entrée identifiés. Les fissures dans les fondations sont colmatées avec du mortite ou du ciment armé de grillage métallique. Les passages de canalisations sont obturés avec de la laine d’acier ou de la mousse expansive renforcée de fils métalliques. Les grilles de ventilation endommagées sont remplacées par des grilles à mailles fines (maximum 6 mm). Les rives de toiture et les soffites sont vérifiés et réparés. Sans cette étape de sécurisation, le traitement curatif ne peut produire qu’un résultat temporaire, car de nouveaux rongeurs viendront coloniser les espaces laissés vacants par les individus éliminés.
Un suivi régulier, généralement trimestriel, permet de contrôler l’efficacité du traitement, de vérifier l’intégrité des points d’accès sécurisés et de détecter toute nouvelle activité. Ce suivi est d’autant plus important dans les maisons anciennes que le bâti continue de se dégrader naturellement et que de nouveaux points d’entrée peuvent apparaître au fil du temps.
Protéger sa maison ancienne sur le long terme
La cohabitation avec les rongeurs n’est pas une fatalité pour les propriétaires de maisons anciennes dans le Pas-de-Calais. Une approche combinant traitement curatif, sécurisation structurelle et vigilance régulière permet de protéger durablement le logement. Les travaux de rénovation sont l’occasion idéale pour intégrer des mesures de prévention : rebouchage systématique des passages de canalisations lors du remplacement de la plomberie, pose de grilles sur les aérations lors de la réfection de la toiture, traitement des fissures de fondation lors des travaux de ravalement.
Côté comportement, les mêmes règles de prévention s’appliquent que dans tout logement : stockage des aliments dans des contenants hermétiques en verre ou en métal, gestion rigoureuse des déchets, suppression des points d’eau stagnante, entretien du jardin et éloignement des tas de bois et de compost des murs de la maison.
Si vous vivez dans une maison ancienne à Arras, Lens, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Saint-Omer, Calais ou dans toute autre commune du Pas-de-Calais et que vous constatez des signes de présence de rongeurs, ne tardez pas à faire appel à un professionnel de la dératisation implanté localement. La connaissance du bâti spécifique du département, des matériaux de construction régionaux et des facteurs environnementaux propres au 62 est un atout déterminant pour mener une intervention efficace et durable.
